D’une guerre à l’autre : un parcours de mémoire

Jeudi 15 mars 2018, par L. Sirantoine, principal // Citoyenneté

Ce projet intitulé « d’une guerre à l’autre, un parcours de mémoire » est né de la volonté d’offrir à tous les élèves de troisième l’opportunité de sortir de la classe afin de faire de l’histoire autrement, de les amener à s’interroger, à réfléchir en étant confrontés à l’Histoire par le biais de lieux de mémoire des deux guerres mondiales et de leur permettre ensuite d’en rendre compte.

Il a été l’occasion d’un travail pluridisciplinaire puisqu’il a été mené par les professeurs d’histoire géographie et de Lettres, mais également d’Arts plastiques, d’Ulis, les professeurs principaux de troisième, et l’assistante pédagogique du collège.

Le projet comprend 3 étapes :

La première étape a été réalisée au mois de septembre où nous avons emmené nos 91 élèves de troisième faire la randonnée des sentiers de la mémoire dans les Vosges non loin d’ici durant une journée.

Cette randonnée a permis d’aborder, en amont du cours d’histoire, le thème de la Résistance mais aussi de faire découvrir aux élèves actuels le travail réalisé par d’autres élèves de troisième il y a quelques années.

En effet, en 2009-10, une classe de troisième du collège, encadrée par Mme Poirier, professeur de Lettres, Mme Zindy professeur d’arts plastiques et Mme Dietre professeur d’Histoire Géographie a travaillé à la réalisation de ce sentier de la mémoire en collaboration avec le Souvenir français durant toute une année scolaire. Le sentier de la mémoire a été inauguré l’année suivante et en 2012 les élèves alors en classe de première sont revenus au collège pour présenter à l’occasion du passage du secrétaire d’Etat aux anciens combattants.

Au travers des 6 panneaux réalisés par les élèves tant pour les textes que leur mise en valeur, et les différentes stèles et panneaux en l’honneur de résistants locaux conçus par le Souvenir Français, les 15 km de randonnée ont l’occasion d’aborder le thème de la Résistance.

Cette première approche a permis de réfléchir aux acteurs, aux risques encourus, à la répression, aux actions des résistants, à la vie dans les maquis ou encore à l’organisation de la résistance à l’échelle nationale et locale. Tout cela a pu se faire in situ puisque les sentiers de la mémoire se trouvent dans le massif de la Haute planche qui a abrité quelques temps des maquisard en 1944 d’où le choix de ce site pour la réalisation du sentier.

La journée a également permis de créer du lien entre les élèves et également entre les élèves et les enseignants.

La seconde étape s’est déroulée au mois de novembre où les 4 classes de troisième se sont rendus à Verdun. Le procédé pédagogique était inverse au précédent. Cette fois-ci le cours sur la WW1 avait déjà été abordé et il s’agissait de réactiver les connaissances et de les approfondir grâce à cette sortie.
Nous sommes partis à 05h du matin du collège et après 4 h de route, nous avons pu visiter 5 hauts lieux de mémoire qui ont permis aux élèves de percevoir la violence et la réalité de la guerre au travers de ses destructions encore visibles dans les paysages.

Nous nous sommes d’abord rendus sur le site de l’ancien village de Fleury dont le paysage exprime toute la violence des combats et des bombardements.

Nous avons eu la chance d’être accompagnés par une guide dynamique et qui a su capter l’attention de nos élèves.

Nous avons ensuite visité l’ossuaire de Douamont. Inauguré en 1932, (Lebrun).
Dans ce bâtiment long de 137 m reposent les restes de 130 000 soldats inconnus. Sa tour de 46 m de haut domine l’ensemble du Champ de Bataille. Un film intitulé les hommes de boue permet d’appréhender les conditions de vie et de combat dans l’enfer des tranchées.

Devant l’ossuaire s’étend l’immense nécropole nationale où reposent plus de 16000 soldats français.

L’après-midi nous avons parcouru le mémorial de Verdun dédié aux Anciens Combattants français et allemands de 1914-1918.

Les élèves ont pu y découvrir 2000 objets de collection, une multitude photos évoquant les combats, les conditions de vie des soldats au front mais aussi dans la vie quotidienne, et cela leur a également permit d’y entendre de nombreux témoignages.

Nous avons terminé notre périple par la visite d’un des forts autour de Verdun celui de Vaux. La visite du fort permet de comprendre les conditions de vie quotidiennes des combattants assiégés au cœur de la forteresse, mais également les revirements de situation et l’inutilité des combats puisque le fort est pris par les Allemands en juin 1916 puis repris par les Français en novembre sans que cela n’ait une incidence réelle sur le cours de la guerre et au prix de nombreuses vie humaines.

La troisième étape du projet a impliqué des élèves dans des productions d’écrits.